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Dimanche 22 mars 2009
Le printemps était là depuis le début de la semaine ... Un temps si agréable et ensoleillé, après ce long hiver humide et froid...

Peut-être aurais-je préféré, comme les jours précédents, aller faire de longues promenades à pied ou à vélo pour profiter à plein de ces beaux jours revenus...

Mais rien, même le soleil, n'auraient pu me dissuader d'aller exprimer ma colère, mon inquiétude, mes espoirs, ma solidarité envers les travailleurs menacés et leurs familles, ma déception profonde de voir un système économique devenu fou par la faute de boursicoteurs sans morale aucune, de responsables sans souci aucun d'équité et de partage des ressources, mon indignation devant le mépris à peine voilé et l'arrogance de certains dirigeants, dont la seule gloire est d'être riches, dominateurs et narcissiques...

Il faisait beau à Boulogne, et comme en janvier, nous avons été nombreux à défiler calmement dans les rues, pour faire taire ceux qui pensent que "quand il  a une grève en France, ça ne se remarque plus...". Beaucoup de salariés du privé étaient également venus clamer leur angoisse et leurs revendications devant la dégradation de leurs conditions de travail et les menaces sur l'emploi ; beaucoup d'enseignants et d'étudiants étaient venus défendre l'école publique, fleuron de notre République, qu'on tue faute de moyens suffisants ; des personnels hospitaliers étaient là pour dénoncer la réforme hospitalière en cours et essayer de sauver l'hopital public ; de nombreux retraités étaient là pour apporter leur soutien total aux précédentes catégories et demander le maintien de leur pouvoir d'achat déjà bien dégradé...

Comme en janvier, j'étais fière et heureuse de partager ce moment de solidarité avec eux. J'ai rencontré quelques Cucquoises et Cucquois, mais j'ai surtout rencontré de nombreux Français qui n'acceptent pas le faux fatalisme affiché et l'absence de volonté de changement. Les CAC 40 et Dow Jones continuent de faire des heureux, qui persistent, de façon éhontée, sans aucun scrupule et sans aucun sens moral, à jouer avec l'avenir de millions de personnes . Ce n'est pas cela ma conception de l'économie politique, ni de la politique économique !!

Le message n'a pas été écouté, puisqu'il avait d'ores et déjà été dit que rien ne changerait, quelle que soit la participation. Indifférence ou autisme, coupables de toute manière

Je serai à nouveau fière de revendiquer ce à quoi mes enfants ont le droit de prétendre ; je serai à nouveau fière de réclamer haut et fort le respect auquel chacun a droit, de quelque catégorie sociale qu'il soit ; je serai à nouveau fière d'exiger la moralisation d'un système pourri par l'avidité de quelques-uns. Je serai à nouveau fière de défendre les idées de gauche auxquelles je suis particulièrement attachée.

Je n'ai jamais ressenti autant la désespérance angoissée de ce jeudi de printemps... Mais j'ai aimé cette colère sourde et digne, prête à exploser, et cette volonté farouche de justice et de solidarité.
Je suis heureuse et fière d'être allée ce jeudi à Boulogne...
Par ipriath
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